Le Marabú a ouvert ses portes

Le 11 décembre 2021, jour national du tango, le MARABU, lieu mythique du 365 rue Maipú a réouvert ses portes. C’est là que Aníbal Troilo a fait ses débuts avec son orchestre et Francisco Fiorentino au chant le 1er juillet 1937, suivi de l’orchestre de Rodolfo Biagi en 1938.

Marabú est le nom d’un oiseau africain, ses plumes, largement utilisées à cette époque pour confectionner les vêtements des vedettes et ces boas colorés associés aux femmes du Charleston et aux femmes du tango qui portaient des boas de plumes autour du cou.

Des orchestres comme celui de Carlos Di Sarli, où Roberto Rufino a chanté pour la première fois ont joué dans ce lieu mythique suivi de Alfredo de Angelis, Ángel D’Agostino, Osvaldo Pugliese…  Le Marabú a inspiré José María Contursi pour écrire le tango « Como dos extranjeros », inspiré d’une histoire d’amour dramatique qui s’y est déroulée. Enrique Santos Discépolo et Mariano Mores, auteurs des célèbres tangos « Uno », « Cafetín de Buenos Aires » et « Sin Palabras » s’y sont également rencontrés.

Le Marabú a été fondé en 1935 (la même année que l’Obélisque) et a été l’initiative de l’espagnol Jorge Sales qui savait très bien interpréter la solitude, le mystère et la migration de la ville.  C’était l’un des nombreux sous-sols de  Buenos Aires où la musique avait son rôle principal.

Il a fonctionné jusqu’à la fin des années 80 pour ensuite être sauvé de l’oubli par The Argentine Tango Society.

Aujourd’hui après une belle restauration qui rappelle ses années de gloire, le Marabu reçoit plusieurs milongas par semaine certaines avec les orchestres qui ne se lassent pas de reprendre la musique de leurs ancêtres pour le plus grand plaisir des danseurs.

Le Marabú est l’un des survivants de l’âge d’or où les cabarets disparus Chantecler, Armenonville et Tibidabo brillaient par leur musique, leur poésie et leur danse.

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